jeudi 16 janvier 2020

Michel Béal, directeur de l'ONF secteur de Versailles, répond à l'ASEM

Dans La Lettre de l'ASEM, nous écrivions :

"L’ONF (Office National des Forêts) rencontre des difficultés financière et de gouvernance importantes au niveau national. Baisse des subsides, baisse et démotivation des effectifs, la récolte du bois devient la seule ressource tangible au détriment de nos forêts qui deviennent de plus en plus des cultures intensives de bois. En forêt domaniale de Versailles et autour des étangs de la Minière, l’ONF tente de rendre son action moins impopulaire en évitant les coupes rases (tout en maintenant le volume de bois prélevé identique). L’ONF est au demeurant garante de la beauté de nos forêts, nous l’encourageons à les protéger."
Utilisant son droit de réponse, Michel Béal, Directeur de l'Agence Île-de-France Ouest (incluant Versailles) de l'ONF nous écrit:

  • Un nouveau directeur général vient d’être nommé par le gouvernement et va prendre ses fonctions le 6 janvier prochain. Il s’agit de Bertrand Munch. Nous verrons son plan d’actions et sa feuille de route dans les semaines et mois qui viennent.
  • L’ONF a été conforté par le Président de la république comme établissement public (un EPIC, on garde donc le même statut) unique pour gérer au niveau national et local les forêts domaniales et les forêts des collectivités.
  • Des évolutions verront le jour ; non pas sur la gestion des forêts publiques mais pour nos missions qui relèvent de l’activité concurrentielle, de prestations de service pour le compte de clients publics ou privés. Pour ces missions-là seulement, l’ONF va se diriger vers leur filialisation. C’est ce qui a été indiqué dans le rapport d’audit interministériel qui a été publié en juillet dernier.
  • C’est vrai que l’ONF a des difficultés financières : le modèle économique qui valait en 1965 ne tient plus aujourd’hui.
  • Ce n’est pas pour autant que nous cherchons à couper plus de bois en forêt domaniale. Les forêts sont gérées selon un plan de gestion pluriannuel qui indique les besoins de la forêt : besoin en travaux, besoins en terme d’exploitation de manière à maintenir pour les générations futures des forêts dans un aussi bon état que nos prédécesseurs nous les ont laissées.
  • Les prélèvements de bois ne sont pas dictés par la situation financière de l’établissement.
  • En forêt domaniale de Versailles, l’ONF a récolté un volume de bois inférieur au volume prévu dans le plan de gestion. Nous ne coupons pas plus mais nous le faisons différemment, d’une manière plus diffuse avec la nouvelle stratégie de gestion des forêts domaniales en Île-de-France.
  • Cette stratégie est le fruit d’une volonté de l’ONF pour répondre à la demande sociétale particulière ici en Île-de-France. Cette stratégie a un coût entièrement supporté par l’ONF : formation des personnels, gestion plus fine etc…
  • L’ONF a donc fait un vrai et important pas en avant pour répondre à la société.
  • Le fait d’avoir des forêts moins bien entretenues (dépôts sauvages, propreté générale, mobiliers cassés, abîmés, manque de signalétique etc…) ne vient pas du fait d’une baisse des moyens financiers propres de l’ONF. Cela vient d’une baisse voire d’un arrêt de versement de subventions de la part de certaines collectivités, Département des Yvelines notamment. A croire que ces forêts n’interviennent pas dans la qualité de vie de ces territoires ! A croire que ces forêts n’apportent pas des services importants à la société notamment avec l’évolution du climat !
  • Nous travaillons donc avec ces collectivités : CD78 ; VGP… pour tenter de les convaincre de participer (à nouveau) à l’effort collectif qui permettra de rendre ses forêts plus belles qu’aujourd’hui, plus accueillantes. Non pas pour l’ONF car nous ne travaillons pas pour nous … mais pour les usagers, les habitants riverains et la société au sens large. Car ce n’est pas l’ONF qui est « puni » quand il y a arrêt des subventions, mais c’est le public fréquentant les forêts, le promeneur.

1 commentaire:

  1. Blabla comme d'habitude.
    Une coupe rase a été effectuée à l'étang de la minière, les promeneurs ne peuvent pas accéder à l'étang entouré de clôture car classé en réserve naturelle mais pas de problème pour déboiser à tout va là-dedans... On pourrait même se demander si c'est en conformité avec le code forestier.

    Et il suffit de faire un tour autour des étangs pour voir que contrairement à ce qui est annoncé depuis des années par le représentant de l'ONF, on continue à faire de l'abattage sans vergogne de bois de toute taille (vieux arbres comme jeunes). En quelques années, le paysage a bien changé.

    Et l'ONF vient ici prétendre vouloir laisser les forêts dans un état aussi bon que leurs prédécesseurs! Si les coupes étaient bien gérées et non de manière comptable basée sur le volume, l'ONF n'aurait pas besoin de faire tant de publicité de ses actions prétendument vertueuses (voir le nombre d'affiches d'endoctrinement tout autour des étangs)
    Bref, c'est pathétique et honteux.

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